La France, la Russie … des voies croisées

Drapeau Français et Russe.Ce mois-ci, je vous propose de laisser parler Elena. Elle nous dévoile son amour de la France et de la langue, et nous livre quelques réflexions autour des relations entre la France et la Russie, imprégnées de culture et d’histoire.

« Pourquoi vas-tu en France pour la énième fois ? »

Ce sont mes amis étrangers qui me posent souvent cette question. Mais jamais mes amis russes pour qui tout est évident. C’est la France ! Donc, ça suffit pour être une raison valable.

Je dois avouer que le cœur de chaque femme russe commence à battre un peu plus vite quand ce mot magique est prononcé. En plus, si on veut faire un grand compliment à la beauté féminine, on dit : « Vous avez du chic comme une vraie française ! » On peut entendre ça même de la part de personnes qui n’ont jamais été en France et qui n’ont jamais vu de femmes françaises dans leur vie.

Mais il y a une image qui s’est bien enracinée dans notre conscience grâce aux films, à la musique et à ces sentiments particuliers que nos arrière-grands-mères –les dames de cette époque-là où tout le monde en Russie parlait français – nous ont donnés en héritage.

Aussi étrange que ce phénomène puisse paraître, il est bien explicable. Tout cela remonte au temps ancien où peut-être pour la première fois les voies historiques de nos deux pays se sont croisées. C’est lorsque la fille du grand prince Russe Yaroslav le Sage se maria avec le roi de France. Cette alliance prédétermina le destin de ces relations. Mais ce n’est pas l’unique femme russe qui est entrée dans l’histoire française. Il paraîtrait qu’assez d’artistes aient eu un petit faible pour les femmes russes. On peut évoquer les muses d’Aristide Maillol, Fernand Léger, Matisse.

Les grands écrivains russes ont aussi beaucoup contribué à ce que les Russes soient ensorcelés par la France pour toujours. Les premières pages du livre de chevet de chaque élève russe, « Guerre et paix », par Lev Tolstoy où les événements se déroulent dans un salon aristocratique sont en français…

Donc, ces relations sont tissées de quelque chose d’imperceptible mais de très solide et scellées par le temps. Même aujourd’hui, ces vestiges de l’histoire nous accompagnent lorsque nous nous promenons le long du Boulevard Sébastopol ou quand nous traversons le pont Alexandre Premier à Paris, ou quand nous venons à l’église Saint Nicolas à Nice. Il y a aussi un autre reflet de ce mélange culturel répandu en Russie. Dans n’importe quelle ville russe, il est possible de trouver un écriteau qui se compose de mots français mais qui sont écrits en lettres russes (salon de beauté, coiffure…). Pourquoi ? Parce que la langue française touche toutes les cordes de notre cœur.

Et à ce propos, il y a deux jours, j’ai assisté à la retransmission en direct du ballet « Raymonda » du Bolshoi Théâtre où il y avait beaucoup de Français assez âgés, et moi, j’étais très fière de les entendre dire que le ballet russe était une pure merveille. Ca m’a fait penser à Sergey Diagilev et les saisons russes : à Monaco, sur le buste de Diagilev, on peut voir un petit « de » devant son nom bien qu’il n’ait eu aucun titre de noblesse.

Ce geste témoigne du respect des Français.

 

La prochaine fois qu’on me demandera pourquoi je veux passer mes vacances en France, je répondrai très brièvement comme tous les Russes : « Parce que c’est la France ! »

Elena (Russe)

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